Un instant d'abandon
homme
« Les hommes d'ici ne sont pas très causants.....ces sont des êtres de peu de mots, de peu de gestes. Ils marchent à l'économie. De sentiments aussi, ils sont économes. Ils sont généralement bourrus, généralement brusques, les étreintes sont gênées, brutales, les poignées de main viriles et brèves, les salutations rapidement expédiées. Oui ils sont ainsi les hommes de Falmouth »
femme
« De toute façon les femmes ça n'est rien. Les femmes ça n'existe pas. Elles ne sortent pratiquement pas des maisons, on dirait qu'elles portent un veuvage immémoriel même lorsque leurs maris sont en vie, elles sont vêtues de noir.........elles attendent que les jours s'écoulent et ils s'écoulent, que les étés reviennent et ils reviennent. Elles savent depuis le premier jour qu'elles ne quitteront jamais la ville, elles sont bienheureuses d'avoir trouvé un homme, un qui a bien voulu les épouser, elles plaignent celles qui restent seules à Falmouth, elles savent que la solitude de ces femmes là doit être sans fond puisque la leur est déjà presque impensable. »
personnalité, physionomie
« J'ai toujours cet air là, qui éloigne un peu, qui met à l'écart. Cette expression qu'on prend pour de la fatigue ou de l'ironie et qui n'est ni l'une ni l'autre, que je ne saurais pas définir moi-même, qui est mon expression. J'ai toujours eu cette dégaine, une sorte de nonchalance chétive, une maigreur d'adolescent, quelque chose de maladif. On m'a toujours regardé avec de la pitié ou du dédain. Le plus souvent on ne m'a pas regardé. J'étais une quantité négligeable. »
déprime
« je reviens avec mon chagrin, ce désespoir qui ne faiblit pas, cet accablement imbattable, une désolation qui ne se dit pas. C'est sur moi la misère absolue, impossible de la manquer, de ne pas l'apercevoir. Ca éclate, ça déborde c'est dans chacun de mes gestes, dans la lenteur encore plus grande de mes pas, oui, dans cette névralgie de la démarche. C'est dans le regard aussi »
